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L’appellation Pomerol

Le Pomerol

L’AOC Pomerol est située dans la région de Libourne, au-dessus de l’Isle, un affluent de la Dordogne. Elle est célèbre dans le monde entier pour le fameux vin Petrus. Considéré comme l’un des plus chers et des plus rares ayant jamais existé, il est plébiscité par les grands de ce monde. 

Contexte historique

Témoin de la civilisation romaine, Pomerol, est un très vieux vignoble, planté initialement par les Romains, puis développé par les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Le petit village était un passage obligé et une halte bienvenue pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle qui y étaient hébergés lors de leur périple. Les vins de la région étaient très appréciés et leur réputation, colportée par les pélerins, était déjà fameuse hors de France.

Au XIIe siècle et durant tout le Moyen Âge, le vignoble de Pomerol était cultivé par les commanderies des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (prédécesseurs des chevaliers de Malte). Détruit par la guerre de Cent ans et les guerres de religion, le vignoble a été restauré à sa splendeur ancienne au cours des XVe et XVIe siècles. Depuis lors, la viticulture n’a jamais cessé de prospérer dans la région. Les vins de la célèbre appellation sont recherchés et réputés dans le monde entier. Au cours du XIXe siècle, ils étaient déjà largement exportés par voie maritime. 

À la même époque, alors en pleine expansion, le vignoble du Bordelais fut intégralement détruit par le phylloxera, comme une grande partie des vignobles français. L’ensemble du vignoble de Pomerol est alors replanté avec du merlot. Le syndicat viticole et agricole de Pomerol est créé en 1900, jouant un rôle dans la défense de la célèbre appellation. Un jugement du 29 décembre 1928 au tribunal civil de Bordeaux en définit d’ailleurs strictement les limites. Puis l’Appellation d’origine contrôlée est reconnue, le 8 décembre 1936. En 2011, son cahier des charges a été revu et corrigé, comme ce fut le cas pour toutes les appellations françaises.

Ce vignoble allie tradition et modernité et ne cesse de s’expandre. Il est désigné par le label français AOC (Appellation d’origine contrôlée) et le label européen AOP (Appellation d’origine protégée). Sa renommée est internationale, car c’est en son sein que naquit le fameux Petrus, qui n’a cessé, depuis lors, de conquérir le monde entier.

Caractéristiques du vignoble de Pomerol

Ce vignoble de 800 hectares environ s’étend autour de la commune de Pomerol, Libourne et jusqu’à la limite entre St-Emilion et Pomerol. Au nord, il est limité par la Barbanne. Le marché français représente environ 40 % de la production, 60 %, pour le marché étranger.

A Pomerol le merlot est roi ! Les sols très argileux qui caractérisent la région lui permettent en effet de s’exprimer comme nulle part ailleurs. Il représente 80 % de l’encépagement et il est souvent associé au cabernet franc (10 %), au cabernet-sauvignon (8 %) et au malbec (2 %).

La région offre un climat tempéré de type océanique. Il fait suffisamment chaud pour permettre la culture des vignes sur terrain plat. La pluviométrie est répartie de manière homogène sur l’année, même si certains automnes peuvent être pluvieux. Les hivers sont doux et les étés sont chauds sans sécheresse. Les conditions sont donc extrêmement favorables à la vigne.

Le terroir de Pomerol, allie les avantages de ce climat océanique et de ses sols argilo-sableux. Les terres de la région ont une teneur en argile exceptionnelle. Si un sol est considéré argileux à partir de 20 % d’argile, les terres de Pomerol peuvent en compter jusqu’à 60 %. Capables de conserver l’eau lors des périodes pluvieuses et de les restituer aux vignes en période de sécheresse, elles fournissent aux vins de l’appellation un environnement idéal. Le Petrus, cru d’exception, bénéficie de sa situation en hauteur sur un mamelon de terre aux argiles gonflantes.

Les cépages principaux qui rentrent dans la composition du vin Pomerol sont : le merlot en grande partie, le cot, le petit verdot, le cabernet-franc, le cabernet-sauvignon, le malbec. Les Pomerol sont des vins rouges secs. Ils sont considérés comme des vins tranquilles. Ce sont des vins sensuels qui peuvent être appréciés jeunes, mais ils peuvent aussi gagner à vieillir un peu. 

En raison de leur excellente réputation, en ce qui concerne les vins de Pomerol, la demande excède toujours largement l’offre. L’AOC produit chaque année 31.000 hectolitres de vin rouge. L’appellation occupe une surface de 813 hectares avec 138 propriétaires déclarants. C’est l’une des plus petites aires de production du Bordelais (0,7 % de la surface du vignoble de Bordeaux).

Dégustation

La robe des Pomerol est rubis foncé, elle peut avoir des reflets violacés au cours de sa jeunesse. Au nez, le bouquet est complexe, dense et plutôt fin. Les notes primaires évoquent les fruits rouges mûrs à noyau, mais après aération, le bouquet évolue vers la truffe, le cuir, les sous-bois, et parfois des notes animales. En bouche, l’attaque est franche, la densité et la puissance frappent immédiatement. Suavité et rondeur sont au rendez-vous alors que les tanins sont fermes et puissants. La mâche donne une sensation de velours. La capacité de garde peut dépasser les 30 ans pour les millésimes les plus remarquables. Sa température de service doit être de 16°C, il est préconisé de le passer en carafe une ou deux heures avant le service.

Accords mets et vins

Le Pomerol s’accorde de manière quasiment universelle, notamment avec la viande rouge, le gibier, les fromages secs. Il fera également merveille avec des plats à la truffe ou au foie gras. Vous pouvez aussi, tout simplement, l’associer avec une côte de bœuf ou un magret de canard.

Les grands millésimes

2010 et 2016 sont les derniers millésimes exceptionnels de l’appellation. Les grandes années comme celles-ci coïncident souvent avec des conditions climatiques extrêmement favorables au cépage merlot. Plus récemment, 2018 a été sacrée grand millésime, tout comme 2015 et 2001. Ce sont dans l’ensemble des vins de grande garde. Les années considérées comme « millésimes du millénaire » sont 1982 et 2005.

Les domaines remarquables

Petrus

Le vignoble de Petrus, propriété des établissements Jean-Pierre Moueix s’étend sur 11.5 hectares et produit environ 30.000 bouteilles par an. Il est reconnu comme l’un des plus grands vins de Bordeaux. Il est le plus prestigieux des vins de France. La combinaison extrêmement favorable du climat océanique et des sols argileux en fait un vin rare, reconnu dans le monde entier.

Château Leglise Clinet

C’est en 1882, que le Château L’Égliset-Clinet est créé. Actuellement, le talentueux vigneron, monsieur Denis Durantou, a élevé son vignoble au sommet de l’AOC Pomerol. Les vignes bénéficient d’un terroir d’argiles et de graves-argileuses. Ces grands vins de gardes, mûrissent environ 10 ans avant de rentrer dans leur âge d’or. 

Château Lévangile

Originaire de Libourne, la famille Léglise, est la fondatrice de Château L’Évangile. Elle contribue à constituer au XVIIIe siècle le vignoble de Pomerol. En 1990, les Domaines Barons de Rothschild (Lafite) acquièrent L’Évangile. Un plan de restauration et de renouvellement engagé en 1998 a permis au domaine d’accumuler des grands millésimes de 1995 à 2005, avec un millésime exceptionnel en 2005 !

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Le Faugères

L’appellation d’origine contrôlée Faugères s’étend sur un territoire de 2.100 hectares, au nord de Béziers et de Pézenas et ce, jusqu’à 300 mètres d’altitude. Les sept communes de l’Hérault qui constituent l’appellation sont : Autignac, Cabrerolles, Caussiniojouls, Faugères, Fos, Laurens et Roquessels

Contexte historique

Ce sont les Grecs qui ont introduit la vigne dans la région de Faugères, au Ve siècle avant J.C., mais ce sont les Romains, grands connaisseurs en termes de viticulture, qui la développèrent réellement. C’est grâce à leur savoir-faire qu’elle a pris tant d’ampleur dans l’économie du Languedoc. Néanmoins, il a fallu attendre la fin de la Révolution française pour qu’elle se mette réellement à prospérer. 

La construction du Canal du Midi au XVIIe siècle, puis celle du chemin de fer au XIXe siècle, contribuent à l’expansion commerciale de ces vins régionaux. Même si la crise du phylloxera a pu freiner quelque temps cette belle expansion. La vigne française est ainsi greffée sur des pieds américains, insensibles aux méfaits de l’insecte. Et en 1883, c’est l’intégralité des vignes de l’Hérault qui est greffée. En 1945, l’INAO (Institut national des appellations d’origine) créé en 1936, donne les premières appellations en VDQS (Vin de qualité supérieure) 

Climat

Le climat est méditerranéen et montagnard dans la région de Faugères. Les hivers sont doux et les étés peuvent être très chauds. En revanche, les printemps et automnes sont souvent très arrosés, et les orages nombreux. L’ensoleillement est important, les précipitations globalement faibles et le vent doux, mais souvent présent. Le Faugères, dont la majorité de la production est vinifiée en rouge, provient principalement des cépages carignan, cinsault, grenache, mourvèdre et syrah. 

Les sols sont schisteux et environnés de garrigue, d’où un rendement relativement faible. Peu fertiles, ils ont la particularité de drainer l’eau et de permettre à la vigne de résister aux très fortes chaleurs estivales. Les schistes et les argiles issus des dépôts marins de l’ère primaire procurent aux vins une note minérale très reconnaissable. 

Caractéristiques de l’appellation : 

L’AOC date de 1982 pour les rouges et rosés, et de 2005 pour les vins blancs. Proche de Saint-Chinian, le sol est composé de schistes. On y trouve également des argiles issues des dépôts marins de l’ère primaire. Depuis 1996, un grand nombre de viticulteurs de Faugère se sont engagés dans l’agriculture biologique. Les cépages noirs de l’appellation Faugères sont : Syrah, Grenache, Carignan, Lledoner Pelut, Mourvèdre et Cinsault. Les cépages blancs : Roussanne, Grenache Blanc, Marsanne, Vermentino (Rolle), Clairette, Viognier. Une grande partie est vinifiée en rouge

Ces rouges ont des arômes qui pourraient évoquer le café, la réglisse et les épices. Les vins rosés sont fruités, avec des arômes de fruits rouges. Les vins blancs sont des vins très frais aux notes d’agrumes et de fruits exotiques, avec un bon potentiel de garde. Le Faugères rouge représente 80 % de la production, le rosé environ 17 % et le vin blanc 3 %. En 2016, le rendement moyen était de 31,5 hectolitres/hectare et de 70 000 hl environ.

Bon à savoir, la première eau-de-vie de vin réglementée de la région : la Fine Faugères, est comprise dans l’appellation AOC. 

Dégustation

Le Faugères rouge a une robe grenat foncé aux reflets légèrement violacés dans ses jeunes années. Le nez s’ouvre sur des arômes de fruits rouges et noirs mûrs, le deuxième nez révèle des notes de café, d’épices, d’encens, de poivre noir, et de thym. En évoluant, le nez s’ouvrira sur des notes de venaison, de boîte à cigare et de cuir. La bouche se révèle par une attaque puissante, une matière dense, profonde et charnue, les tanins sont présents, fermes, mais nobles, ils ont du grain. Sur la finale les notes de réglisses, de menthe poivrée, de fruits à l’eau de vie sont dominantes. C’est un vin qui mérite de reposer en cave au moins 5 ans. Il sera associé avec bonheur à des gibiers rôtis ou en daube. Sa température de service est de 16 °C.

Le vin Faugères rosé présente une robe rose pâle, brillante, éclatante. Le nez révélera des notes florales mêlées à des arômes de fruits rouges. En bouche, rondeur et fruit croquant sont au rendez-vous. Il sera très apprécié avec des charcuteries, ou à l’apéritif. Sa température de service est de 10 °C, on le boit jeune.

Le vin Faugères blanc a moins de renom. Sa robe est jaune or, le nez est très marqué avec des notes d’agrumes, de pamplemousse, de citron, de fleurs, de tilleul et verveine, et de quelques touches de miel et de cire. La bouche, racée, ample et ronde offre fraîcheur et minéralité. La finale est longue sur des notes anisées. On pourra le marier avec une daurade grillée et du fenouil. On le sert à une température de 11 °C. Il se boit jeune de préférence.

Source  : vin-vigne.com 

Accords mets et vins

Le Faugères rouge peut très bien se marier avec des apéritifs, des entrées, des plats principaux ou des fromages. Il s’associe parfaitement bien avec les spécialités de la région. Avec ses tanins bien présents, le Faugères rouge s’accorde très bien avec des viandes typées comme la pintade ou le gibier. Le Faugères blanc fera merveille avec toutes les viandes blanches. Le Faugères rosé, quant à lui, sera parfaitement approprié avec des fruits de mer ou à l’apéritif.

Les grands millésimes

L’appellation Faugères peut se flatter d’avoir fourni d’excellents millésimes. Les meilleurs sont 1988, 1998 et 2005. Mais plus récemment, 2010, 2012, 2013, sacrés très bons millésimes, ont été des années à marquer d’une pierre blanche.

Les domaines remarquables

Domaine de Cébène

Le domaine de Cébène privilégie des vignes d’altitude, en majorité exposées au nord. Par ailleurs, un chai a été creusé,  enterré sous les schistes, au milieu des vignes.

On y trouve aussi bien des vins de cuve (Ex Arena,, Les Bancèls, et le Belle Lurette) que des vins élevés en barrique de 500litres (cuvée Felgaria).

Domaine Alquier

Jean-Michel Alquier a repris le domaine créé par son père. Celui-ci est le premier vigneron de l’appellation Faugères à avoir planté des Syrah en 1960, issus de sélections massales. Ils sont réputés pour leurs vins puissants et bien équilibrés, parmi les plus connus, les Bastides ou Maison Jaune, bouteilles fameuses. 

L’Ancienne Mercerie

Ingénieurs agronomes, Nathalie et François Caumette ont tous deux pris un virage à 360 ° lorsqu’ils ont décidé en 1996 d’investir l’ancienne mercerie de la grand-mère de Nathalie à Autignac (AOP Faugères et Languedoc). Avec deux grand-pères vignerons, François n’a pu échapper à cette vocation transmise par ses ancêtres. Dans le respect de l’agriculture biologique tout en respectant un savoir-faire artisanal, Nathalie et François accumulent les succès, millésime après millésime.

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